Redecouvir le goût du carême

REDÉCOUVRONS LE VRAI GOÛT DU CARÊME

(Céline Marcon, Hebomadaire La Vie le 11/02/2010)

 

D’où ça vient?
Dans l’Église primitive, le carême correspondait à la dernière étape de préparation des catéchumènes qui devaient recevoir le baptême dans la nuit de Pâques, fête qui commémore la résurrection du Christ. Cette période devient, à partir du IVe siècle, un temps liturgique dédié à la préparation pascale.

 

Pourquoi dure-t-il 40 jours ?
Ce nombre revient plusieurs fois dans la Bible comme symbole d’un temps d’attente et de maturation. Ainsi, Jésus resta 40 jours dans le désert avant de commencer sa vie publique, et le peuple juif passa 40 ans dans le désert avant d’entrer en terre promise. On ne compte pas les dimanches car le jeûne et l’abstinence sont interdits le jour du Seigneur.

 

Quel est le symbole des cendres ?
Le premier jour du carême, «mercredi des Cendres», le prêtre fait l’imposition des cendres. Ces cendres représentent nos péchés et notre fragilité et symbolisent notre repentir et notre désir personnel de conversion.

 

Que doivent faire les catholiques ?
Leurs efforts doivent se concentrer sur trois façons de travailler à la conversion de leur cœur profond : le jeûne ; le partage, en particulier avec les plus démunis ; la prière. De nos jours, l’Église demande le jeûne seulement le mercredi des Cendres et le vendredi saint : cela consiste à prendre un seul repas pendant la journée avec une alimentation frugale le matin et le soir. L’abstinence de viande doit, elle, être respectée tous les vendredis, jour anniversaire de la mort de Jésus. Les malades, les personnes de plus de 60 ans, les femmes enceintes et les enfants en sont dispensés.

 

Que veut dire : « abstinence« ?
C’est la privation volontaire de certains aliments, la viande dans le cas du carême. Jadis, ce plat coûtait plus cher que le poisson : s’en priver devait inciter à reverser aux plus pauvres l’argent qu’on avait ainsi économisé.L’abstinence ne concerne donc pas la sexualité.

 

Pourquoi s’astreindre au jeûne ?
Le but, c’est de s’alléger de tout ce qui est superflu pour mieux retrouver l’essentiel. On suit ainsi l’exemple de Jésus, qui jeûna 40 jours dans le désert. Ce n’est pas seulement un geste de pénitence mais aussi de solidarité pour penser à ceux qui meurent de faim. Dans la tradition chrétienne, cela invite à donner l’aumône. L’Église encourage à d’autres formes de renoncement : se priver de plaisirs personnels, par exemple la télé ou son portable, afin d’en détacher son regard pour le tourner vers les autres.

 

La pénitence, un gros mot ?
Faire pénitence, c’est implorer le pardon de Dieu. Cela vise à la réparation des péchés commis, mais surtout à un changement d’état d’esprit : prendre conscience de ses fautes et faire un pas vers Dieu. Elle n’est pas synonyme de tristesse mais doit nous amener au renouvellement et à la joie de la fête de Pâques.

 

Faut-il « se priver » de petits plaisirs ?
Le but du carême n’est pas de rechercher la privation mais de redécouvrir, à travers le jeûne et le partage, une nouvelle manière d’être, à la fois humaine et spirituelle, basée sur la simplicité. C’est une façon de refuser la sur-consommation, le superflu, et de mieux vivre le  quotidien des relations avec autrui et avec la planète par une « sobriété heureuse » qui est faite d’ouverture aux autres.

 

Quelle est la différence avec le ramadan ?
Le carême est une marche vers Pâques et le renouveau offert par Jésus ressuscité, alors que le ramadan n’est pas lié à un événement particulier mais demandé par le Coran comme gage de fidélité à Dieu. Il dure 30 jours et tombe le mois lunaire, qui varie suivant les années.

Autre différence : les règles du jeûne sont plus exigeantes chez les musulmans, qui ne doivent ni manger, ni boire, ni avoir des relations sexuelles, du lever au coucher de soleil.

Musulmans et chrétiens se rejoignent, cependant, dans leur volonté de consacrer cette période au partage, à la conversion intérieure et au rapprochement avec Dieu.